Publié le : 29/09/2026
À l’heure de la pause-déjeuner, la team Cofidis prend un moment pour échanger avec ceux qui font l’équipe. Avec "A l'abri du vent", on met la course de côté quelques minutes pour écouter et prendre le temps. Aujourd’hui, partons à la rencontre de Benjamin Thomas .
Raconte-nous ton parcours avant d’arriver dans le cyclisme professionnel.
J’ai commencé très tôt, à l’âge de 4-5 ans, avec l’école de vélo. Ensuite, j’ai continué en cadet et junior tout en suivant mes études au lycée. À la sortie du lycée, j’avais le choix entre rejoindre le Pôle Espoir à Bordeaux ou faire un CAP Charpente avec mon père. J’ai choisi le CAP et j’ai travaillé un an avec lui, puis j’ai rejoint l’armée de terre.
Sur la route, je n’avais pas encore un gros niveau car je n’avais pas beaucoup de temps pour m’entraîner. Mais sur la piste, j’avais déjà été champion d’Europe Espoir. C’est grâce à ça qu’on m’a repéré et que j’ai pu intégrer le monde professionnel en tant que pistard. Après, j’ai fait mon petit bonhomme de chemin.
À quel moment as-tu su que le vélo devenait une passion ?
Très tôt. Déjà petit, je ne pensais pas forcément à devenir professionnel, mais j’adorais la compétition. Quand j’avais 8, 9 ou 10 ans, le vélo était mon moyen de me défouler. C’était un jeu pour moi et depuis, je suis toujours dans cet esprit de compétition et de plaisir, même à l’entraînement.
Même lors d’une sortie longue, si ça devient monotone, je vais toujours titiller les copains, inventer des petites courses ou des jeux pour que ça reste fun. Les autres me disent que je “bourrine” tout le temps, mais en vrai, c’est juste que j’aime jouer.
As-tu une anecdote amusante à partager ?
Oui, une année quand j’étais chez FDJ, sur un de mes premiers stages, il y avait Thibaut Pinot. On faisait une course en haut d’une montée et, la veille, on avait regardé la soirée Miss France tous ensemble…. Du coup, pendant la sortie, j’ai réussi à le faire “péter”. C’était drôle et ça montrait bien l’esprit qu’on avait en stage : compétition, mais toujours dans la bonne humeur.
As-tu eu une source d’inspiration quand tu étais jeune ?
Oui, j’étais fan de David Moncoutié. Il est de ma région et on le suivait beaucoup. Même si je n’étais pas dans son club, il avait gagné des courses que mon père organisait pour les jeunes. Avec mon frère, on roulait beaucoup ensemble et c’est vraiment lui qui nous a transmis le virus du vélo.
Mon père a aussi été une grande influence : pendant 35 ans, il a été président du club de Lavaux ? et organisait des courses pour les écoles de cyclisme. J’ai commencé très jeune, à 4-5 ans, à vendre les programmes sur les parkings et à suivre les courses. C’est vraiment un virus que j’ai attrapé dès la naissance.
Y a-t-il un moment marquant dans ta carrière qui t’a fait évoluer ?
Oui, les Jeux Olympiques de Tokyo ont été un tournant. J’ai décroché ma première médaille olympique, mais j’ai fini quatrième à l’omnium. C’était une grosse difficulté à surmonter, mais ça m’a appris à relativiser et à mieux gérer l’implication mentale qu’exige notre sport.
Quelle musique écoutes-tu avant une course ?
Je varie beaucoup : Eminem, du rap français, américain ou italien, parfois de la techno, et même de la musique classique pendant les vols. J’écoute du piano ou des morceaux calmes pour me relaxer car je ne dors jamais assis, ni dans les avions ni dans les voitures.
As-tu un rituel avant-course ?
Oui, plein de petits gestes. Sur la piste, j’ai des tics plus marqués : je fais toujours un tour avant de me placer sur la ligne, je serre mes chaussures à bloc, jusqu’à ce que le bois craque… et après, c’est parti.
As-tu une passion en dehors du vélo ?
Oui, le rugby. Je suis fan du Stade Toulousain. Je regarde les matchs dès que je peux. J’adore l’ambiance, les derbies et la stratégie du jeu, c’est ma deuxième passion après le vélo.
As-tu un surnom ?
Oui, sur la piste, c’est Bentrack, et sinon on m’appelle Bento.