L'INSTANT COF'  Comprendre les victoires de Cofidis coté mental

L'INSTANT COF' Comprendre les victoires de Cofidis coté mental

Mathilde L'Azou / Team Cofidis

Publié le : 08/09/2026

C’est le retour de votre newsletter ! Après un été bien rempli, la newsletter est de retour ! Alors qu’il reste encore six étapes à la Vuelta, l’équipe Cofidis s’est distinguée à travers sa « semaine en or » avec ses dix victoires remportées par les coureurs masculins, féminins et paracyclistes. En l’espace de six jours, la formation nordiste a connu la période la plus prolifique de son histoire. En cause ? La forme physique, la stratégie, la cohésion, le talent… Mais aussi l’aspect mental. Soline Lamboley, la préparatrice mentale, a justement pris le temps pour revenir sur la dynamique actuelle.


Soline Lamboley : « une confiance collective qui engendre une dynamique positive »

Recrutée cette saison, Soline Lamboley est la seule préparatrice mentale embauchée à plein temps dans une équipe française. Depuis plusieurs mois, elle échange régulièrement avec les coureuses et les coureurs Cofidis. Présente au Tour de France, elle a pris le temps de revenir en longueur sur la phase positive que traverse l'équipe ces dernières semaines. 

Est-ce que tu avais anticipé cette semaine en or fin août ?

Je crois surtout qu’il faut retenir tout le potentiel de cette équipe et la dynamique dans laquelle elle se trouve aujourd’hui. Les résultats récents en sont la preuve : ils ont déjà montré qu’ils étaient capables d’enchaîner les victoires, et je suis convaincue qu’ils peuvent encore aller chercher de très belles choses. Il y a parfois des courses où tout ne se passe pas comme prévu. Un détail, un fait de course peuvent faire la différence. Mais ce qui compte, c’est que l’équipe continue d’avancer, de progresser et surtout de croire en ses capacités.  Et c’est sans doute ce qui me rend la plus enthousiaste : l’état d’esprit qui règne au sein des trois équipes, masculine, féminine et paracycliste. Il y a une vraie ambition, une vraie envie de se battre pour la victoire, mais aussi beaucoup de confiance et de plaisir. On sent cette énergie grandir course après course, et c’est extrêmement positif pour la suite.

Qu’est-ce qui permet justement de le percevoir ?

Cela se ressent d’abord dans les résultats, bien sûr, mais aussi et surtout dans la manière dont ils courent. On voit les femmes comme les hommes prendre davantage d’initiatives, avec plus de liberté et de confiance. Et cette confiance est collective : elle se ressent chez les coureurs, mais aussi chez le staff. Pour moi, cette dynamique ne date pas d’hier, elle s’est construite progressivement. C’est ce qui me rend particulièrement confiante pour la suite : quand un groupe croit en ses capacités et prend du plaisir à aller chercher la victoire, il crée forcément une dynamique positive. On le dit souvent, et je pense que c’est particulièrement vrai dans le sport : les victoires amènent les victoires.

« La coupure mentale est primordiale »

Ce n’est donc pas un phénomène ponctuel, c’est beaucoup plus progressif ?

Oui, je pense que c’est avant tout une dynamique qui s’est construite progressivement. Je ne parlerais pas forcément de déclic, car cette attitude et cette mentalité sont présentes depuis le début de la saison. La semaine particulièrement victorieuse que nous avons vécue a peut-être simplement permis de libérer encore davantage cette énergie. La victoire d’Alex Aranburu en est une très belle illustration. Son attaque à seulement 1,3 kilomètre de l’arrivée montre cette liberté et cette conviction d’aller tenter quelque chose, avec la confiance nécessaire pour prendre ses responsabilités au moment décisif. Ce sont ces attitudes-là qui, mises bout à bout, construisent une dynamique et peuvent nous emmener vers encore beaucoup de succès.

 

Milan Fretin, Hugo Page et Alex Aranburu, qui se sont imposés récemment, ont participé au Tour de France. Benjamin Thomas est très en forme aussi… Il y a un effet Tour de France ?

Je pense qu’il y a clairement un effet Tour de France, même s’il faut évidemment le nuancer. Disputer trois semaines de Tour représente une expérience extrêmement intense, aussi bien physiquement que mentalement. Les coureurs en ressortent forcément grandis et avec beaucoup d’expérience supplémentaire. Mais il y a aussi ce qui se passe après le Tour, et c’est tout aussi important. Ils prennent le temps de retrouver leurs proches, de profiter de leur famille et de leurs amis, et surtout de déconnecter complètement du cyclisme. Cette coupure mentale est essentielle. Elle leur permet de souffler, de prendre du recul et de revenir avec un nouvel élan, une nouvelle fraîcheur et l’envie de repartir à la conquête de nouveaux objectifs. 

Quel regard portes-tu sur la victoire de Bryan Coquard à la Vuelta, qui s’est préparé sans relâche cet été pour s’imposer ?

Il a consacré une grande partie de son été à se préparer pour un objectif précis et cela demande énormément d’investissement, de discipline et de conviction. Forcément, la décision de ne pas participer au Tour de France a été une déception pour lui. Mais Bryan a su rapidement l’accepter, rebondir et surtout se concentrer sur ce qui était encore devant lui. Il avait la conviction que la Vuelta était un objectif à sa portée, qu’il pouvait réellement aller chercher cette victoire. Et cette confiance en lui a certainement été l’un des moteurs de sa préparation. Pour moi, c’est une véritable attitude de champion.

Plus globalement, comment parvenir à conserver cette bonne dynamique jusqu’à la fin de saison ?

Je pense que l’essentiel est de savoir bien gérer les moments où l’on doit être pleinement engagé sur les objectifs et ceux où il faut savoir couper pour se régénérer. Cette capacité à faire des pauses, à prendre du recul, permet de revenir avec encore plus d’énergie et de détermination. Et surtout, il faut continuer à avancer tous ensemble, coureurs comme staff, avec la même envie et la même confiance. Chacun doit garder cette détermination à 100 %, tout en sachant aussi profiter des moments où l’on peut souffler et prendre du plaisir. C’est cet équilibre qui nous permettra de conserver cette belle dynamique et, je l’espère, de vivre encore de très beaux moments d’ici la fin de la saison. 

Mathilde L'Azou / Team Cofidis

La « semaine en or » en un clin d’œil :

Mardi 25 août, 1ère étape du Tour Poitou-Charentes : 
victoire de Milan Fretin

Jeudi 27 août, Challenge breton (paracycliste) : 
victoires de Katell Alençon, Gatien Le Rousseau, Louis Hubert, Nael Habasque

Vendredi 28 août, 4e étape du Tour Poitou-Charentes : 
victoire de Milan Fretin

Samedi 29 août, 8e étape de la Vuelta : 
victoire de Bryan Coquard (vidéo)

Dimanche 30 août, 3e étape du Tour de Toscane : 
victoire de Victoire Berteau

Dimanche 30 août, Bretagne Classic – CIC : 
victoire d’Alex Aranburu