A l'abri du vent : Hugo Page

A l'abri du vent : Hugo Page

@LAzou / Team Cofidis

Publié le : 23/06/2026

À l’heure de la pause-déjeuner, la team Cofidis prend un moment pour échanger avec ceux qui font l’équipe. Avec "A l'abri du vent", on met la course de côté quelques minutes pour écouter et prendre le temps. Aujourd’hui, partons à la rencontre de Hugo Page.


Peux-tu revenir sur ton parcours avant d’arriver au cyclisme de haut niveau ?

Avant le vélo, j’ai pratiqué pas mal de sports. À l’école, je jouais surtout au football. Puis je me suis mis au cyclisme assez naturellement, porté par l’histoire familiale : mon père, mon oncle et mon grand-père faisaient tous du vélo.

J’ai commencé par une ou deux sorties, puis très vite, les compétitions sont arrivées. J’ai immédiatement accroché. J’avais une dizaine d’années quand j’ai débuté. C’est vraiment à ce moment-là que tout s’est enclenché.

 

Ton envie de devenir cycliste est donc née dans le cadre familial ?

Oui, clairement. Et puis il y avait aussi le Tour de France, que je regardais avec mon grand-père. Les courses, l’ambiance, les images à la télévision… l’envie est venue naturellement.

Au départ, ce sont des rêves d’enfant, et avec le temps, ces rêves se transforment en objectifs.

 

À quel moment as-tu compris que le vélo serait plus qu’une passion ?

Je dirais en cadets deuxième année. C’est là que j’ai commencé à réfléchir sérieusement.

Ensuite, en junior, il y a des choix à faire : on est en pleine période du bac, avec beaucoup de cours, et il faut décider où l’on met son énergie. C’est à ce moment-là que je me suis dit qu’il y avait peut-être quelque chose à tenter dans le cyclisme.

L’intégration à la Continentale Groupama-FDJ a été un tournant. À partir de là, je m’y suis mis à 100 %.

 

As-tu une source d’inspiration particulière dans le cyclisme ?

Pas vraiment une personne précise. Je suis plutôt inspiré par les gens qui se battent sans relâche pour atteindre leurs objectifs, ceux qui travaillent dur et qui ne lâchent rien.

Dans le sport en général, quelqu’un comme Benoît Saint-Denis m’inspire beaucoup. Son état d’esprit est impressionnant.

 

Quelqu’un a-t-il changé ta façon de voir le vélo ?

Je ne dirais pas une personne en particulier. J’ai surtout évolué avec le temps, au fil des équipes et des catégories.

Ce sont toutes les personnes croisées sur mon chemin qui m’ont fait grandir, chacune à leur manière.

 

Y a-t-il eu un moment clé dans ta construction en tant que coureur ?

Oui, même très tôt. Quand j’étais benjamin, je me souviens d’une course marquée par une minute de silence. Un coureur de notre âge est décédé le week-end précédent, percuté par une voiture en course.

Ce soir-là, je n’arrivais pas à dormir. Je suis allé voir mes parents et je leur ai dit que je voulais arrêter le vélo pour retourner au football. À cet âge-là, on prend conscience que c’est un sport à risques.

Avec le recul, on se rend compte que beaucoup de choses comportent des risques, mais ce moment m’a marqué.

 

Qu’est-ce qui t’a finalement fait continuer le vélo ?

Le discours de mes parents. Je suis très attaché à eux.

Ils ont trouvé les mots justes : m’expliquer que ce genre de choses pouvait arriver, que le danger existe aussi ailleurs, et surtout qu’il ne fallait pas prendre une décision aussi importante sur le coup de l’émotion.

Ils m’ont surtout dit qu’ils me soutiendraient quoi qu’il arrive. Et c’est encore le cas aujourd’hui. Ils me suivent depuis toujours.

 

Y a-t-il eu d’autres périodes marquantes ?

Oui, la mononucléose. Ce n’est pas dramatique en soi, mais quand tu perds quatre mois à cause de ça, tu te remets forcément en question.

Tu réalises que la carrière n’est pas si longue et que le temps est précieux.

Finalement, mon retour s’est très bien passé : j’ai gagné rapidement après. Comme quoi, on peut se reconstruire plus fort.

Avec le recul, chaque période difficile apporte aussi un rebond et permet de prendre du recul, de se rappeler qu’il n’y a pas que le vélo dans la vie.

 

As-tu un rituel avant les courses ?

Oui. J’embrasse toujours la bague que j’ai autour du cou. C’est mon porte-bonheur.

Je n’ai pas forcément besoin de la porter, mais j’aime bien y penser ou la toucher avant le départ.

 

As-tu une passion en dehors du vélo ?

J’adore les voitures.

Je ne suis pas un expert en Formule 1, mais j’aime les belles voitures, m’y intéresser, les découvrir. C’est quelque chose qui me plaît vraiment.

 

Qu’est-ce qui te permet de décrocher complètement de la compétition ?

Décrocher totalement est compliqué, car le vélo fait partie intégrante de ma vie.

Mais je fais des choses simples : manger chez mes parents, voir mes amis, vivre comme quelqu’un de « normal ».

C’est un mode de vie qui me plaît, je ne cherche pas à m’en échapper.

 

Comment gères-tu l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle ?

Mes parents ont toujours été plongés dans ce monde avec moi, donc l’équilibre s’est fait naturellement.

Ils viennent me voir sur les courses, finalement, tout se combine assez bien.