Publié le : 16/06/2026
À l’heure de la pause-déjeuner, la team Cofidis prend un moment pour échanger avec ceux qui font l’équipe. Avec "A l'abri du vent", on met la course de côté quelques minutes pour écouter et prendre le temps. Aujourd’hui, partons à la rencontre de Mijntje Geurts.
Comment as-tu commencé et comment es-tu devenue professionnelle ?
J'ai commencé le vélo très jeune. J'ai ensuite passé deux ans en catégorie junior, dans une équipe où nous n'étions que six filles. Lors de ma deuxième année de junior, j'ai remporté une grande course, et c'est à ce moment-là que j'ai rejoint Lotto. J'avais 17 ans et je suis donc passée professionnelle très jeune.
Je crois que j'ai vraiment géré les choses étape par étape. Un pas, puis un autre. Chaque année, je prenais un peu d'expérience, je gagnais un peu plus en confiance.
C'est ton père qui t'a transmis cette passion ?
Oui, mon père faisait du vélo. Pas vraiment en compétition, mais il adorait ça et il prenait beaucoup de plaisir à rouler. Quand je lui ai demandé si je pouvais m'y mettre, il a été le premier ravi. Il aimait vraiment me voir faire du vélo, et c'est ce qui m'a lancée.
Quels moments ont marqué ta carrière jusqu'ici ?
Une de mes plus belles victoires reste une course en catégorie junior. C'était totalement inattendu : j'étais tombée, j'avais dû changer de vélo à deux reprises, et j'avais malgré tout fini par gagner. Quand je traverse un jour sans confiance, ou que je ne me sens pas au mieux, c'est souvent à ce moment-là que je repense.
As-tu des rituels avant une course ?
Pas vraiment. Je trouve que trop de rituels, ce n'est pas une bonne chose. Aujourd'hui, je préfère avancer au feeling et voir comment se passe la journée. Plus jeune, je n'arrivais pas à le gérer comme ça, mais maintenant je vais avec le feeling.
Y a-t-il quelque chose que le public ne connaît pas de toi ?
C'est une question difficile. Ce que les gens ne savent pas forcément, c'est que nous avons un chien adorable à la maison. Quand je rentre, je peux marcher pendant des heures dans la forêt avec lui, et c'est un vrai plaisir.
Comme je vis une partie de l'année à Calpe et le reste aux Pays-Bas, il me manque souvent. Mes parents ont leur propre entreprise, donc il n'est jamais seul : il les accompagne au travail toute la journée. Il est toujours heureux, et c'est agréable de savoir qu'il y a toujours quelqu'un de content de te voir rentrer.
Avant le vélo, je faisais aussi de la gym et de la danse, mais je n'ai plus le temps aujourd'hui.
Qui sont tes sources d'inspiration ?
Dans le milieu, j'ai énormément appris auprès de Marianne Vos, avec qui j'ai passé deux ans. Elle traverse des hauts et des bas dans sa carrière, mais elle reste toujours solide. Quand elle a une mauvaise journée, elle sait se dire que demain est un nouveau jour. J'ai beaucoup appris d'elle et je l'admire vraiment.
En dehors du vélo, j'admire aussi une gymnaste néerlandaise qui a su s'arrêter puis revenir au plus haut niveau et décrocher un titre olympique. Cette capacité à rebondir m'inspire beaucoup.
Comment vis-tu le fait d'avoir réussi si jeune ?
Les premières années ont été compliquées, justement parce que j'étais très jeune et que je me retrouvais à courir face à des coureuses comme Marianne Vos. Aujourd'hui, j'arrive vraiment à mieux gérer, et je me sens plus apaisée mentalement.
Il y a deux ans, j'ai traversé une période difficile : nouvelle équipe, le Covid, un départ direct pour le Tour Down Under, et je ne pouvais même pas appeler mes parents à cause du décalage horaire. J'ai fini par parler à quelqu'un pour me faire aider, et j'ai appris qu'il faut parfois aller chercher du soutien. Aujourd'hui, je me sens beaucoup plus forte mentalement.
Comment décrirais-tu l'équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle ?
C'est vraiment difficile pour moi, notamment parce que mon système immunitaire est fragile. Je dois faire très attention à ne pas tomber malade, donc éviter de voir des proches qui sont souffrants, même quand j'en ai très envie.
Je vis principalement en Espagne alors que mes amis et ma famille sont aux Pays-Bas. J'appelle mes parents tous les jours, mes grands-parents viennent parfois me rendre visite. Mes meilleures amies faisaient du vélo et ont arrêté l'an dernier, donc elles comprennent vraiment pourquoi je ne peux pas toujours être présente. Quand les gens font l'effort de comprendre, tout se passe bien.
Qu'est-ce qu'une saison réussie pour toi ?
Pour moi, une bonne saison, c'est avant tout une saison où je suis le moins malade possible. Ensuite, si je continue à progresser et à franchir des étapes comme cette année, alors je suis vraiment contente.