À l’abri du vent : Ion Izagirre

À l’abri du vent : Ion Izagirre

Publié le : 31/03/2026

À l’heure de la pause-déjeuner, la team Cofidis prend un moment pour échanger avec ceux qui font l’équipe. Avec "A l'abri du vent", on met la course de côté quelques minutes pour écouter et prendre le temps. Aujourd’hui, partons à la rencontre de Ion Izagirre.


Comment ton parcours dans le cyclisme a-t-il commencé ?

J’ai commencé le cyclisme au Pays basque, à Irun, dans mon club formateur. Je suis Basque, et ici le vélo fait vraiment partie de la culture. Je suis passé professionnel en 2010 avec l’équipe continentale Orbea… une équipe basque, forcément.

Ensuite, tout s’est enchaîné assez naturellement : une année chez Orbea, puis trois saisons chez Euskaltel, trois chez Movistar, deux chez Bahrain-Merida, puis trois années chez Astana entre 2019 et 2021. Aujourd’hui, je vis ma cinquième saison chez Cofidis. Je m’y sens très bien.

 

À quel moment as-tu compris que le vélo serait plus qu’une passion ?

Très jeune. Mon père était un spécialiste du cyclo-cross en Espagne. Quand j’étais enfant, j’allais le voir courir, et j’ai grandi dans cette atmosphère.

Au Pays basque, on voyait énormément de cyclisme : Itzulia, les courses locales, mais aussi le Tour de France. On allait régulièrement voir les étapes en montagne, au Tourmalet, à La Mongie. J’ai grandi avec l’époque d’Indurain, puis celle d’Armstrong, et surtout les grandes années d’Euskaltel avec Mayo, Zubeldia…

C’était une période magnifique pour le cyclisme basque. Forcément, cette passion a pris de plus en plus de place dans ma vie, jusqu’à devenir un objectif professionnel.

 

Qui t’a le plus inspiré dans ton parcours ?

La première personne, c’est mon père, sans aucun doute. Sans lui, sans mes parents, je n’aurais probablement jamais développé cette passion pour le cyclisme.

J’ai des souvenirs très forts des étapes du Tour de France que j’ai vues enfant, avec mon père, mon frère, toute la famille. Ces moments-là resteront gravés dans ma mémoire. Ce sont des souvenirs très puissants, qui donnent envie de continuer et d’aller toujours un peu plus loin.

 

Y a-t-il eu des moments difficiles qui t’ont particulièrement marqué ?

Oui, forcément. Le cyclisme, c’est un sport difficile, avec des chutes, des maladies, des blessures. Ça fait partie du quotidien.

Le moment le plus délicat, c’est en 2017. Je chute dès la première étape du Tour de France et je me fracture des vertèbres. Ce n’est pas une blessure anodine, comme une clavicule. C’est beaucoup plus sérieux.

Ça a été un moment très difficile, pour moi comme pour ma famille. La récupération a été longue, mentalement et physiquement. Mais c’est aussi dans ces moments-là qu’on apprend à se connaître et à relativiser.

 

As-tu des rituels ou des habitudes avant les courses ?

Je ne suis pas quelqu’un qui en a beaucoup, non. Le café, par contre, est indispensable. Sans café, c’est compliqué, j'adore ça.

Sinon, j’ai mes petites habitudes techniques, comme placer la radio toujours du côté droit, mais ce ne sont pas des superstitions. Si je ne le fais pas, ça ne me pose aucun problème.

 

As-tu des passions en dehors du vélo ?

J’aime le sport en général. Pas forcément le football, mais chez nous, au Pays basque, on pratique beaucoup la pelote basque. C’est un sport très important culturellement, même s’il est peu connu à l’extérieur.

 

Comment gères-tu l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ?

Ce n’est pas facile, et ça devient de plus en plus compliqué avec le temps.

Quand on est jeune, sans enfants, c’est plus simple. Mais aujourd’hui, avec une famille, les déplacements constants, les stages, les courses, c’est plus dur à gérer. Les enfants grandissent, posent des questions, demandent pourquoi on part souvent. C’est clairement la partie la plus difficile de ce métier.

 

As-tu un surnom dans le peloton ?

Honnêtement, je ne sais pas. Il faudrait demander à l’équipe. J’ai un ami qui m’appelle Ionny, mais ce n’est pas vraiment un surnom officiel dans le peloton.

 

Une musique que tu aimes particulièrement ?

J’écoute de tout. Toutes les nationalités, toutes les langues, tous les styles. J’aime aussi beaucoup la musique basque. C’est une musique qui me touche forcément, parce qu’elle fait partie de ma culture.