Publié le : 17/02/2026
À l’heure de la pause-déjeuner, la team Cofidis prend un moment pour échanger avec ceux qui font l’équipe. Avec "A l'abri du vent", on met la course de côté quelques minutes pour écouter et prendre le temps. Aujourd’hui, partons à la rencontre de Clément Izquierdo.
Comment ta passion pour le vélo est-elle née ?
J’ai commencé le vélo très jeune, vers cinq ou six ans. À la base, c’était surtout du VTT. J’ai pratiqué uniquement cette discipline jusqu’à mes 21 ans. J’étais un enfant très actif, toujours en mouvement.
Un jour, mon voisin m’a proposé d’essayer le vélo en club, en me disant que ça pourrait m’aider à canaliser mon énergie. Je suis allé à un entraînement un mercredi… et je n’en suis jamais reparti. Le vélo est devenu une évidence.
À 21 ans, j’ai commencé à faire un peu de route, presque par curiosité. Très vite, j’ai senti que ça me correspondait davantage. J’aimais les sensations, le rythme, et surtout, je voyais que j’y performais mieux qu’en VTT.
À 22 ans, j’ai pris une vraie décision : me consacrer entièrement à la route. En une saison, les résultats sont arrivés, et j’ai réussi à franchir un cap important dans ma progression. C’est à ce moment-là que je me suis dit que le vélo pouvait devenir bien plus qu’une passion.
À quel moment as-tu compris que le vélo pouvait devenir ton métier ?
Il n’y a pas eu de déclic précis. Quand on commence enfant, on s’entraîne, on fait des compétitions…… Plus on grandit, plus on rentre dans cette routine d’entraînement afin de performer davantage. Pour continuer à courir, il faut s’entraîner davantage, et sans vraiment s’en rendre compte, on entre dans une routine.
Cette routine, je l’aimais. J’aimais m’entraîner, progresser, repousser mes limites. Alors c’est venu naturellement. Avec le temps, cette passion s’est structurée, et l’envie d’en faire mon métier est devenue de plus en plus claire.
As-tu eu des sources d’inspiration ?
Oui, bien sûr. Pas uniquement dans le vélo d’ailleurs. Dans ma famille, certains ont traversé des problèmes de santé importants. Les voir se battre au quotidien m’a beaucoup marqué.
Quand je monte sur le vélo, même si l’effort est dur, je relativise toujours. Ce que je ressens physiquement n’est rien comparé à ce que d’autres vivent. Moi, je me bats pour faire ce que j’aime, pas pour survivre. Cette pensée m’aide énormément.
Mon premier vrai entraîneur a eu un rôle important. C’est lui qui m’a ouvert les yeux sur le fait que j’avais un certain potentiel, et surtout sur la manière de travailler pour l’exploiter.
Mais au-delà d’une personne en particulier, ce sont surtout les rencontres et les expériences qui m’ont fait grandir.
Un souvenir de course qui t’a particulièrement marqué ?
Mon année chez les amateurs a clairement été un tournant.
C’était ma meilleure saison, autant côté résultats que côté aventure humaine. J’y ai vécu des moments incroyables, fait des rencontres qui sont devenues bien plus que de simples amitiés. On était presque comme une famille. C’est cette dimension-là qui a rendu cette période si marquante.
Il y a une semaine de course qui reste gravée dans ma mémoire. On était tous ensemble, on riait du matin au soir, l’ambiance était exceptionnelle.
Un de mes coéquipiers a remporté le classement général, et de mon côté, j’ai gagné une étape. C’était un mélange parfait entre performance sportive et plaisir collectif. Ce genre de moments, ça ne s’oublie pas.
Le vélo, ce n’est pas qu’un sport individuel. Le collectif est essentiel. Il y a des rencontres qui marquent, des personnes avec qui le courant passe immédiatement. On partage les mêmes délires, les mêmes galères, les mêmes efforts. Quand cette alchimie existe, tout devient plus simple, sur et en dehors du vélo.
As-tu des rituels avant une course ou un entraînement ?
Avant l’entraînement, je fais toujours une petite activation : gainage, mobilité, mise en route du corps.
Avant une course, je suis plutôt tranquille. J’écoute de la musique, je regarde un peu mon téléphone, je rigole avec les copains dans le bus. Rien de très strict, juste rester détendu.
Comment parviens-tu à trouver l’équilibre entre le vélo et ta vie personnelle ?
Ce n’est pas toujours simple. Entre les études, les déplacements, l’entraînement… Ça complique parfois les relations.
J’essaie quand même de profiter de mes amis, de passer du temps avec eux, de ne pas penser uniquement au vélo. Il y a des périodes où il faut être à 100 % concentré, mais savoir décrocher de temps en temps est essentiel pour l’équilibre mental et personnel.
As-tu des passions en dehors du cyclisme ?
J’aime bien le foot, surtout en tant que spectateur. Mon équipe préférée, c’est l’OM. J’aime aussi jouer à la console, notamment à FIFA. C’est mon moment détente, celui où je décroche un peu du vélo. Ça permet de relâcher la pression.