A l’abri du vent : Martina Alzini

A l’abri du vent : Martina Alzini

@mathildelazou

Publié le : 06/01/2026

À l’heure de la pause-déjeuner, la team Cofidis prend un moment pour échanger avec ceux qui font l’équipe. Avec "A l'abri du vent", on met la course de côté quelques minutes pour écouter et prendre le temps. Aujourd’hui, partons à la rencontre de Martina Alzini.


D’où te vient cette passion ?

Ma passion pour le vélo a commencé très tôt. À seulement 7 ans, je montais déjà sur mon vélo, portée par une véritable culture familiale du cyclisme. Aujourd’hui, à 28 ans, je repense à cette enfance rythmée par le vélo avec ma maman, mon papa, et surtout mon grand-père.

Il a joué un rôle central dans mon parcours. Assistant auprès d’équipes professionnelles, il m’a tout transmis : la passion, la patience et, surtout, la résilience. Quand je chutais, il était toujours là pour m’aider à me relever, sans pression, en m’encourageant simplement à continuer.

Dans les moments les plus difficiles de ma carrière, lorsque le doute s’installait, il est resté mon pilier. À ses côtés, je me sentais pleinement moi-même, libre d’avancer à mon rythme. Il me rappelait sans cesse de prendre mon temps, notamment lors des blessures.

Comme je l’ai souvent dit, il était mon idole, bien plus que certains sportifs. Chaque étape, chaque échange partagé avec lui a contribué à façonner la coureuse que je suis devenue aujourd’hui.

Quel est le ou les moment(s) le(s) plus marquant(s) dans le vélo jusqu’à aujourd’hui ?

Mon premier grand tournant reste ma première victoire internationale en 2013, lors des Jeux Olympiques de la Jeunesse Européens, disputés dans les rues d’Utrecht, aux Pays-Bas, du 15 au 19 juillet 2013. Un souvenir qui reste.

Par la suite, d’autres moments forts, notamment mes deux titres de championne du monde sur piste, en poursuite par équipes en 2022 et 2025, que je considère comme les plus marquants de mon parcours.

Je garde aussi une fierté d’avoir offert en 2022 la toute première victoire sur route féminine à Cofidis. Et bien sûr, ma participation aux Jeux Olympiques reste un accomplissement majeur : se dire que oui, j’ai fait les Jeux Olympiques, ça marque.

Après bien entendu, comme toute sportive, j’ai traversé des périodes de doute, de blessures et de remises en question. Ces épreuves ont été déterminantes dans ma construction. Elles m’ont appris la patience mais aussi l’importance du mental. Chaque difficulté m’a rendue plus forte.

Qui es-tu, sans le vélo ?

Mes amis et mes coéquipières me décrivent parfois comme susceptible, mais moi, je souris, car je ne pense pas.

Très attachée à mes habitudes, je ne laisse rien au hasard. Sur la piste, impossible de partir sans mon filet jaune, un porte-bonheur devenu indispensable.

Le vélo est ma passion, je ne me vois pas faire un autre sport que celui-ci. En-dehors de la compétition, je révèle un autre visage, tout aussi engagé : j’aime les animaux et je donne de mon temps en volontariat auprès de chenils.

J’aime prendre soin de mes ongles. Un petit rituel de plus, loin des routes et des vélodromes, mais essentiel à mon bien-être. Côté musique, aucun mystère : le rap italien est ma bande-son préférée. J’adore les concerts, notamment entre amis, pour me recentrer et parfois décrocher.

J’aime aussi les plaisirs simples. Rester chez moi, au calme, avec mon chat que j’ai sauvé alors qu’il errait près d’une déchetterie, fait partie de mes moments préférés. Me retrouver seule, réfléchir, prendre mon temps… c’est ma façon de recharger les batteries.

Pas de stress inutile : j’aime avancer à mon rythme, avec cette sérénité, car je n’aime pas me dépêcher et de devoir respecter des horaires.

Comment trouver le juste milieu entre vie personnelle et sportive ?

Vie personnelle et vie sportive sont pour moi liées malgré tout. Lorsque j’ai été blessée l’an dernier, je reconnais que ma vie privée, en a souffert également. J’étais triste, avec une seule envie : remonter sur le vélo.

Même si j’essaie de garder les deux sphères séparées, certains aspects influencent forcément mon équilibre personnel. Je m’efforce de rester motivée, même dans les moments où l’envie n’est pas là. Mon mental est mon allié principal. Mon conseil de vie est de ne jamais être trop heureuse quand les choses vont bien, et jamais trop déçue quand elles vont mal. Toujours rester dans le juste-milieu avec les pieds sur terre.

Pourquoi le vélo féminin vit-il un tournant majeur ?

La place de la femme dans le cyclisme a énormément évolué en dix ans. Il reste encore des progrès à faire, notamment par rapport au cyclisme masculin, mais je vois ces changements comme quelque chose de beau et de positif. L’aventure du Tour de France Femmes 2022 en est la preuve : le sport féminin est en pleine transformation.

@mathildelazou